The Next Exploration

Notre engagement scientifique

En juin 2023, Rémi Camus, explorateur français et membre de la société des Explorateur Français a réalisé l’exploit de traverser la Méditerranée à la nage en totale autonomie et sans assistance.Pendant cette traversée, Rémi a collaboré avec deux entités, le CHU de Grenoble et WESSLING France, membre d’ALS depuis 2024.
C’est à la suite des résultats obtenus par ce laboratoire d’analyses que nous avons imaginé la suite.

Le 1er décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA comme cancérogène pour les humains (groupe 1) et le PFOS comme substance pouvant être cancérogène (groupe 2B). Ces composés, issus de l’activité humaine, se retrouvent aujourd’hui dans nos mers, fleuves et rivières. Mais en quelles quantités ? Où se concentrent-ils ? Quels impacts ont-ils ou auront-ils sur nos écosystèmes aquatiques ?

Le Rhône, fleuve emblématique qui se jette dans la mer Méditerranée, est un cas d’étude idéal.
À la fois source de vie, d’histoire et d’activité économique, il mérite aujourd’hui qu’on l’explore avec un nouveau regard : celui de l’aventure, combiné à la science.

Il est temps de passer à l’action !
Au cours du second semestre 2025, une descente intégrale du Rhône, de sa source à son embouchure, sera réalisée.

Objectif : collecter des échantillons d’eau pour mieux comprendre l’évolution des PFAS et autres micropolluants le long de l’un des plus grands fleuves de France.

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Notre mission

Pourquoi les PFAS sont au cœur des expéditions de The Next Exploration

Les PFAS représentent une pollution particulièrement complexe à appréhender car elle demeure largement invisible.

L’eau contaminée paraît souvent parfaitement claire. Aucun changement visuel ne permet de détecter leur présence.

Pourtant, ces molécules circulent dans les fleuves, les océans et l’atmosphère, transportées par les courants, les précipitations et les masses d’air.

C’est précisément pour documenter cette pollution invisible que The Next Exploration développe des expéditions scientifiques associant exploration de terrain, prélèvements environnementaux et analyses en laboratoire.

L’objectif est de produire des données permettant :

  • de mieux comprendre la dispersion des PFAS dans les milieux naturels ;
  • d’étudier leur transport entre les bassins versants et les environnements marins ;
  • de sensibiliser les citoyens et les territoires à une pollution encore peu perceptible dans le débat public.

Dans ce contexte, les interfaces eau/air, les aérosols marins et les grands fleuves constituent aujourd’hui des zones stratégiques d’observation scientifique.

Les PFAS,
c'est quoi ?

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Comprendre les PFAS : origine, structure et enjeux environnementaux

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) constituent une vaste famille de composés chimiques de synthèse développés à partir du XXe siècle. Leur histoire débute en 1938, aux États-Unis, lorsqu’un chimiste de l’entreprise DuPont, Roy Plunkett, réalise accidentellement une découverte majeure.

Alors qu’il travaille sur des gaz réfrigérants fluorés, il observe qu’un échantillon de tétrafluoroéthylène s’est polymérisé spontanément dans une bouteille sous pression, donnant naissance à une matière blanche, cireuse et extrêmement résistante : le PTFE (polytétrafluoroéthylène).

Ce matériau, plus connu plus tard sous le nom commercial de Teflon, possède des propriétés inédites :

  • résistance exceptionnelle à la chaleur ;
  • forte inertie chimique ;
  • propriétés antiadhésives ;
  • résistance à l’eau et aux graisses ;
  • très faible coefficient de friction.

Cette découverte marque le début du développement industriel massif des composés fluorés, qui conduira progressivement à la création de milliers de molécules appartenant aujourd’hui à la famille des PFAS.

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Une structure chimique extrêmement stable

Les PFAS reposent sur une structure carbonée dans laquelle des atomes d’hydrogène sont remplacés totalement ou partiellement par des atomes de fluor.

Lorsque tous les hydrogènes de la chaîne carbonée sont remplacés, on parle de composés perfluoroalkylés. Lorsqu’une partie seulement des hydrogènes est substituée, il s’agit de composés polyfluorés.

La particularité fondamentale des PFAS réside dans la liaison carbone-fluor (C–F), considérée comme l’une des liaisons les plus stables de la chimie organique.

Cette stabilité chimique explique :

  • leur très grande résistance à la dégradation ;
  • leur persistance dans l’environnement ;
  • leur accumulation progressive dans les écosystèmes ;
  • leur surnom de « polluants éternels ».

Selon la longueur de leur chaîne carbonée, les PFAS sont généralement classés en deux catégories :

  • les PFAS à chaîne courte (moins de six atomes de carbone) ;
  • les PFAS à chaîne longue (six atomes de carbone ou plus).

À cette chaîne fluorée s’ajoute un groupement terminal hydrophile, souvent de type acide carboxylique ou sulfonique, qui influence fortement leur comportement dans l’eau et les milieux naturels.

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Une famille chimique immense

Les PFAS ne désignent pas une seule molécule mais une famille chimique extrêmement vaste.

Les estimations scientifiques considèrent qu’il serait théoriquement possible de produire plusieurs dizaines de millions de composés fluorés différents. À ce jour, environ 10 000 molécules PFAS sont identifiées comme ayant été produites, utilisées ou commercialisées à l’échelle industrielle.

Parmi les molécules les plus connues figurent notamment :

  • le PFOA (acide perfluorooctanoïque) ;
  • le PFOS (acide perfluorooctane sulfonique) ;
  • le PFHxA (acide perfluorohexanoïque) ;
  • le TFA (acide trifluoroacétique).

Leurs usages industriels se sont considérablement développés après la Seconde Guerre mondiale en raison de leurs propriétés techniques exceptionnelles.

On les retrouve notamment dans :

  • les textiles imperméables ;
  • les mousses anti-incendie ;les revêtements antiadhésifs ;
  • les emballages alimentaires ;
  • les cosmétiques ;
  • les composants électroniques ;
  • l’aéronautique ;
  • l’automobile ;
  • les traitements industriels de surface.
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Des propriétés physico-chimiques complexes

Les PFAS présentent des propriétés très variables selon leur structure moléculaire.

L’une des propriétés essentielles dans le cadre des études environnementales est leur solubilité dans l’eau, qui conditionne leur mobilité dans les milieux naturels.

Quelques exemples de solubilité :

  • PFOA : environ 9,5 g/L ;
  • PFOS : environ 0,5 g/L ;
  • TFA : extrêmement soluble dans l’eau.

Cette forte mobilité explique leur dispersion rapide dans :

  • les cours d’eau ;
  • les nappes phréatiques ;
  • les océans ;
  • les précipitations atmosphériques.

Certaines molécules PFAS possèdent également des propriétés tensioactives. Elles réduisent la tension de surface des liquides et ont ainsi tendance à se concentrer à l’interface eau/air.

Cette caractéristique est particulièrement importante dans l’étude des environnements marins et atmosphériques car elle favorise :

  • leur présence dans les embruns marins ;
  • leur transport par les aérosols ;
  • leur dispersion sur de très longues distances.
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Une pollution désormais planétaire

Aujourd’hui, les PFAS sont détectés dans la quasi-totalité des compartiments environnementaux étudiés :

  • eaux de surface ;
  • eaux souterraines ;
  • océans ;
  • sédiments ;
  • sols ;
  • air ;
  • pluie ;
  • neige ;
  • organismes vivants.

Des recherches scientifiques ont également confirmé leur présence dans le sang humain, les cheveux, le foie, le lait maternel ou encore certains tissus animaux.

En décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer, agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé, a classé :

  • le PFOA comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1) ;
  • le PFOS comme « peut-être cancérogène pour l’homme » (Groupe 2B).

Au-delà des enjeux sanitaires, leur persistance et leur mobilité font aujourd’hui des PFAS un enjeu environnemental mondial majeur.

Des traces de ces substances ont été détectées jusque dans :

  • l’Arctique ;
  • certains glaciers ;
  • les zones océaniques éloignées ;
  • les pluies atmosphériques ;
  • des régions pourtant très éloignées des activités industrielles.