Riverboarding

the Mekong

BUT

EXPÉDITION 2 — DESCENTE DU MÉKONG EN HYDROSPEED Tibet — Vietnam | 2013

De la prise de conscience à l’engagement structuré

L’expérience du désert australien avait révélé à Rémi Camus la violence du manque d’eau. Deux ans plus tard, il décide d’en explorer la face opposée : l’abondance hydrique, et le rapport que les populations entretiennent avec les grands fleuves du monde. C’est dans cette dynamique qu’il fonde Expédition Terre Inconnue, association dont la mission est de sensibiliser aux enjeux liés à l’eau et de militer pour l’accès à l’eau potable.

Pour donner corps à cet engagement, une expédition est conçue : descendre le Mékong depuis ses sources tibétaines jusqu’à son embouchure au Vietnam — 4 400 kilomètres parcourus en solitaire, sans assistance, avec pour seule embarcation un hydrospeed.


Un dispositif d’immersion totale

Pendant cinq mois, Rémi Camus passe plus de 14 heures quotidiennes dans l’eau, porté par le courant de la Lancang River puis du Mékong. Ce mode de progression singulier, au ras de la surface et au rythme du fleuve, offre une immersion sans équivalent dans les réalités des territoires traversés — de la Chine au Myanmar, du Laos au Cambodge jusqu’au delta vietnamien. La pollution du fleuve lui cause des affections dermatologiques, témoignant de la réalité chimique des eaux traversées.

L’objectif de terrain est double : rencontrer les communautés qui vivent au rythme du fleuve, et observer directement l’état écologique de l’un des cours d’eau les plus stratégiques d’Asie du Sud-Est.


Un constat écologique sans appel

Les observations accumulées tout au long du parcours dressent un tableau préoccupant. Sur l’ensemble du tracé, les rives du Mékong sont marquées par une accumulation massive de déchets plastiques, en l’absence quasi totale d’infrastructures de collecte et de traitement adaptées. Faute de systèmes alternatifs, le fleuve absorbe une part considérable des rejets des populations riveraines, devenant un vecteur direct de pollution vers les océans.

Ce constat de terrain rejoint une réalité documentée à l’échelle mondiale : dix fleuves concentrent à eux seuls 50 % des apports de déchets plastiques dans les océans, et le Mékong en fait partie. Chaque seconde, 634 tonnes de déchets sont déversées dans les mers et océans à l’échelle planétaire — un flux continu dont cette expédition permet de mesurer, de l’intérieur, l’une des sources majeures.


Une structure qui prend forme

Cette descente du Mékong est la première expédition menée sous la bannière d’Expédition Terre Inconnue. Elle pose les bases d’une approche qui sera progressivement renforcée dans les années suivantes : conjuguer exploration de terrain, observation environnementale et sensibilisation du grand public. Elle confirme également que les grands fleuves du monde sont des marqueurs écologiques de première importance, dont l’état reflète directement les modes de gestion des ressources et des déchets à l’échelle des territoires qu’ils traversent.


The Next Exploration — Explorer pour comprendre. Comprendre pour agir.

4 400 km
de course
23 degrés
Température moyenne
21 kg
de matériel
188 jours
de course

Une expédition soutenue par